Mortalité d'embryons de poles exposés aux ondes des téléphones portables

Mortalité d'embryons de poules exposés aux émissions de champs électromagnétiques de téléphones cellulaires

Par B.J. Youbicier-Simo, J.C. Lebecq et M. Bastide (Laboratoire d'Immunologie et Parasitologie, Faculté de Pharmacie, Université de Montpellier I, F-34060 Montpellier Cedex 2, France, sponsorisé par R.Santini, I.N.S.A. Laboratoire de Biochimie Pharmacologie, F-69621, Lyon, France).

Ex: BIOELECTROMAGNETIC SOCIETY, Twentieth Annual Meeting, Trade Winds Resort, St. Pete Beach, Floride, U.S.A., 7-11 juin 1998 (pp. 103 – 104).

Nous avions antérieurement montré que l'exposition continue d'embryons de poules aux champs électromagnétiques émis par des postes de télévision et par des moniteurs vidéo de computers augmentait le nombre de morts parmi les embryons (Bioelectromagnetics, 1997, 18: pp.514-523).

L'étude présente a été mise en place pour estimer les effets des champs électromagnétiques émis par des téléphones cellulaires sur le développement d'embryons de poules.

Deux groupes de 60 œufs chacun ont été mis en incubation (21 jours à 38 ± 1° C, à 45-55 % d'humidité, dans l'obscurité permanente) sous les conditions d'exposition électromagnétique suivantes : groupe témoin (sans téléphone); groupe exposé (24 h / 24 h d'exposition à un téléphone cellulaire en fonction et placé face vers le bas, à 10 mm au dessus des œufs). Des chiffres figurant sur le plateau portant les œufs numérotent les positions de 1 à 60 (voir figure 1). Le téléphone cellulaire utilisé (Bosch, Cartel SL 2G2, Germany) irradie dans la bande des fréquences radio 900 MHz à une puissance de 2 Watt.

Fig. 1 Schéma d'exposition avec disposition des œufs sur le plateau.

La mortalité des embryons a été évaluée en mirant les œufs et en chiffrant les embryons morts par intervalles de 2 jours, depuis l'état embryonnaire du 3ème jour (ED3) jusqu'à l'état embryonnaire du 13ème jour (ED13) : ED3, ED5, ED7, ED9, ED11, ED13. Les comptages n'ont pas pu être réalisés de puis le 14ème (ED14) jusqu'au 21ème jour (ED21) parce que les œufs étaient devenus tellement opaques (forte vascularisation, augmentation de la taille de l'embryon) que les embryons pouvaient à peine être mirés à travers la coquille. Pour cette dernière période (ED21), la mortalité a été estimée en ouvrant les œufs n'ayant pas éclos.

Trois expériences indépendantes ont été réalisées. La mortalité des embryons a été exprimée, soit en mortalité cumulée (comptages premiers + comptages courants), soit en taux total (pourcentage d'embryons autopsiés depuis ED3 jusqu'à ED21).

Dans le groupe exposé, l'exposition aux champs électromagnétiques était accompagnée d'une augmentation de la perte d'embryons durant toute la période d'incubation, tandis que des variations perceptibles dans le groupe témoin se produisaient principalement à la fin de l'incubation (ED21). De plus, le taux total moyen de mortalité (TDR) pour les trois expériences était 6 fois plus élevé dans le groupe exposé aux champs électromagnétiques que dans les groupes témoins comparés (72,3 % contre 11,9 % ; voir tableau 1).

Expériences Expérience n° 2 Expérience n°3

Age (jours)
Expérience n° 3
Expérience n° 3
Expérience n° 3
Témoins
Exposés
Témoins
Exposés
Témoins
Exposés
NFE: ED3
1
1
5
1
3
4
ED3
1
6
0
7
3
2
ED5
1
8
0
8
3
3
ED7
1
10
0
8
4
4
ED9
2
15
0
10
4
10
ED11
2
17
0
17
4
16
ED13
2
18
0
17
4
20
ED21
7
35
6
34
9
56
TDR 21 %
11,9 %
59,3 %
10,9 %
57,6 %
15,8 %
100 %

Légende : NFE = œufs non fécondés, ED = nombre de jours d'incubation, TDR 21 = taux total de mortalité le 21ème jour.

Tableau 1 : Mortalité embryonnaire cumulée.

La distribution des autopsies dans les groupes exposés était essentiellement restreinte à une zone se situant autour de la source de champs électromagnétiques (ici, le téléphone cellulaire), ce qui contraste avec la distribution éparse dans les groupes témoins (voir les diagrammes de mortalités cumulées ci-dessous).

Ces deux constatations démontrent que l'exposition aux radiations électromagnétiques émises par les téléphones cellulaires augmentent la mortalité lors du développement embryonnaire.