Compte rendu des mesures d’antennes relais pour téléphones cellulaires (G.S.M).

Notre bureau « Etudes et Vie » est régulièrement appelé pour réaliser un dépistage approfondi de la densité de puissance générée par les antennes relais de téléphones cellulaires.

Nous avons réalisés des mesures un peu partout en Belgique. Une des régions les plus concernée par l’implantation des antennes est Bruxelles capitale et la périphérie.

De même que plusieurs agences immobilières nous demandent de déterminer si les antennes relais implantées sur le toit des immeubles sont en relation avec les troubles de la santé constatés par les propriétaires ou les locataires vivant dans les appartements.

Les riverains se plaignent souvent après l’implantation des antennes à moins de 300 mètres de leur maison ou appartement de : troubles de la concentration et de la vigilance, fatigue chronique, rougeurs de la peau et desquamation du cuir chevelu, perte partielle des cheveux, perturbations de l’audition, troubles cardiaques, irritabilité et nervosité, insomnies, hypersensibilité anormale, maux de tête… Des pertes de poils et une « apparente fragilité » ont parfois été observé chez leurs animaux domestiques.

Notre travail ne consiste pas a établir un lien causal entre l’influence des rayonnements des antennes et les effets observés. Nous réalisons simplement un dépistage à la demande d’un particulier ou d’une société. Il s’agit de déterminer s’il existe une probabilité plausible pour que les troubles constatés soient en relation avec les rayonnements dégagés par des antennes. Nous interprétons uniquement les mesures en fonctions des études scientifiques indépendantes les plus récentes et des « standards » proposés par les différents pays.

Le matériel que nous utilisons pour le dépistage des hyper-fréquences est l’appareil C.A 43. Il possède une sonde isotropique à large bande passante qui permet la mesure des champs électromagnétiques pour des fréquences comprises entre 100 KHz et 2,5 GHz. Cet appareil possède une sortie bidirectionnelle sur fibre optique qui offre l’accès à toutes les informations pour l’impression et le traitement des mesures sur un PC portable. Sa sensibilité est de l’ordre de 0,1 µW/cm2 (de 0,1 à 1999 µW/cm2) pour la densité de puissance et de 0,1 V/m (0,1 à 199,9 V/m) pour le champ électrique.

Nous avons rencontrés des riverains qui vendent leur maison car ils sont devenus malades ou hypersensibles depuis la mise en fonction des antennes ! Ceux-ci rencontrent généralement des difficultés à vendre leur bien immobilier. Et souvent après de nombreuses négociations, il la vende avec une perte de la valeur réelle pouvant s’élever jusqu’à 30 % ! Dans ce cas le préjudice est considérable….

Nous constatons lors des mesures de rayonnements électromagnétiques dégagés par les antennes que ce ne sont pas les immeubles situés sous les antennes qui sont le plus exposés aux rayonnements mais ceux situés en face. Nous dépassons rarement une densité de puissance de 0,1 µW/cm2 (champ lointain), à ces endroits et au dernier étage un champ électrique de 0,7 V/m (champ proche). Cependant, au niveau des rampes métalliques des balcons, nous mesurons des émissions secondaires d’une intensité pouvant aller de 0,3 à 1,5 V/m en champ électrique de haute fréquence. De plus, certaines personnes vivants dans des appartements situés au dernier étage, juste en dessous des antennes relais, reçoivent plus de rayonnements au niveau de leur terrasse car les antennes se situent souvent à une distance de moins de 3 mètres. Ces personnes devront limiter les expositions à l’extérieur au niveau des terrasses et balcons.

Remarque : Toutes les mesures peuvent être réalisées soit en champ lointain c’est-à-dire en densité de puissance (µW/cm2) ; donc, à plusieurs longueurs d'ondes de la source, soit en champ proche ; c’est-à-dire avant la zone de Fraunhofer (champ lointain). En 900 MHz, étant donné la dimension assez fréquente de 2m de l’antenne d’une station de base, il en résulte une grandeur d’environ 24 m suivant la formule 2D2/? pour le champ proche.

Les antennes relais peuvent être implantées sur un pylône, un château d’eau, un immeuble à appartements ou une maison communale etc…

Les mesures obtenues en Belgique suivant les distances en face des antennes relais sont très variables. La puissance émise par les antennes va déterminer la densité de puissance mesurée.

Les opérateurs ou sociétés de télécommunication appliquent généralement les recommandations (ENV 50166-2), du CENELEC (Comité Européen de Normalisation Electrotechnique). Cependant, ces recommandations ne tiennent compte que des effets thermiques des rayonnements dégagés par les antennes. Généralement, l’exposition du public aux antennes se trouve en dessous des valeurs recommandées par le CENELEC c’est-à-dire : 450 µW/cm2 en 900 MHz, pour 6 minutes d’exposition du corps en entier. Mais ces valeurs ne tiennent pas compte des effets possibles à long terme.

Les antennes sont généralement installées sur la corniche d’un bâtiment ou sur un mât. De cette manière, l’opérateur optimise le fonctionnement technique des antennes mais ceci sans tenir compte de l’environnement vivant à proximité. Ceci dit, nous mesurons généralement moins de rayonnement à l’intérieur d’une maison qu’à l’extérieur. Les murs et les plafonds constituent souvent un obstacle pouvant dans certains cas atténuer le rayonnement.

En Belgique, à une distance de moins de 50 mètres dans l’axe d’une antenne à panneau, nous mesurons un champ électrique de 0,1 à 4 V/m. A 100 mètres la densité de puissance mesurée sera généralement inférieure entre 0,1 V/m . A 300 mètres, nous trouvons un champ électrique inférieur à 0,1 V/m. Cependant, il est toujours possible que le champ électrique varie au cours du temps en fonction de la charge et du coefficient d’amplification appliqué sur les antennes, selon les besoins des utilisateurs. Seuls des contrôles régulier peuvent donner une idée valable de l’exposition dans le temps.

Benoît Louppe
Tecn.chimiste, écobiologue, expert en environnement électromagnétique.