Patients électrosensibles (EHS)

L’hypersensibilité aussi appelée électrosensibilité à bas niveau, aux champs électromagnétiques devient pour certaines personnes un problème de survie.

Parmi les victimes de l’électrosensibilité, on trouve surtout des personnes ayant travaillé sur ordinateur pendant plusieurs années, mais aussi des habitants de quartiers riverains de lignes à haute tension. Et aujourd’hui, certains utilisateurs de téléphones portables GSM et des habitants de quartiers où fonctionnent des antennes relais de téléphonie mobile éprouvent certains malaises qui sont susceptibles d’être examinés sous l’angle de l’électrosensibilité.

Les premiers chercheurs à s’être intéressés à l’électrosensibilité humaine sont le Prof. Cyril W. Smith (Université de Salford, G.B.), le Prof. William Rea (allergologue, Université de Dallas, U.S.A.). Ces auteurs, dès 1985 ont exposé dans divers congrès scientifiques des cas de patients atteints d’un curieux syndrome, relativement rare, associé à l’exposition aux champs électromagnétiques. Dans la suite, en association avec d’autres chercheurs, ils ont publié plusieurs articles scientifiques [1 à 6] relatant des observations réalisées sur des patients présentant des troubles plus ou moins graves lorsqu’ils sont soumis à divers champs électromagnétiques (insomnies, nervosité anormale, état de stress quasi permanent, angoisses incoercibles, tendances dépressives, dépression nerveuse, pertes d’équilibre, vertiges, nausées, chutes brutale de tension artérielle allant parfois jusqu’au collapsus, troubles du rythme cardiaque, perte de mémoire, pertes de conscience, éruptions cutanées, eczéma, chute rapide plus ou moins abondante de cheveux, crises asthmatiformes, absences épileptiformes etc.).

Ces symptômes peuvent être disparates et ne se manifestent pas nécessairement simultanément sur un patient donné. Certains de ces cas ont même fait l’objet d’émissions télévisées en Grande Bretagne (Panorama de la BBC). En 1987, Hembree et Henry ont publié dans le journal “San Diego Union”, un article intitulé “Reportage on Epidemic Hypersensitivity Syndromes in Silicon Valley”(Reportage concernant des syndromes d’hypersensibilité épidémique dans la Silicon Valley). On peut trouver dans cet article la description d’une série de troubles de santé diffus parmi les employés des industries des ordinateurs de l’illustre Silicon Valley (USA).

On peut aujourd’hui considérer que l’hypersensibilité aux champs électromagnétiques, bien que non encore acceptée unanimement par le corps médical et académique, est bien une pathologie et que dans certains cas, elle peut mettre en danger la vie de ceux qui en souffrent (des cas mortels sont décrits par le Prof. C.W. Smith). Il faut dire que pour la majorité des personnes, il est bien difficile de concevoir qu’un champ électrique ou un champ magnétique alternatif ou pulsé à faible intensité, que l’on ne voit pas, que l’on ne sent pas et qui n’est mesurable que grâce à des appareils très sensibles et peu répandus (même dans le monde de la médecine du travail), puisse influencer certaines fonctions vitales ou certains organes.

De plus, la médecine classique nous ayant constamment répété qu’en dehors de toute statistique, les cas isolés observés ne sont pas à prendre en considération, la plupart des médecins confrontés à de tels problèmes d’hypersensibilité électromagnétique ne voient de possibilité de traitement que dans la psychiatrie. Et ces personnes dont nous faisons partie sont dès lors parfois considérées, même dans leur propre famille comme des hystériques, des déséquilibrés mentaux ou comme des sujets névrotiques. Bien entendu, les traitements médicamenteux prescrits par la majorité du corps médical sont à la hauteur des symptômes constatés: somnifères à doses massives, antidépresseurs, euphorisants, médications de troubles du rythme cardiaque, bêta bloquants. Le tout n’ayant finalement pour effet que d’intoxiquer profondément la personne sans résoudre le problème en profondeur et surtout sans en établir la cause véritable.

Certains sites Internet suédois mentionnent l’existence de plus de 600.000 personnes électrosensibles en Suède, dont des cadres de l’industrie du téléphone mobile. Nous sommes personnellement en contact avec l’Association Française des Patients Electrosensibles. Les pouvoirs publics feignent d’ignorer leur existence et pourtant, le Prof. Roger Santini (INSA Villeurbanne France), le Prof. Cyril W. Smith (Université de Salford, G.B.), et notre équipe de scientifiques indépendants avons pu tester ces personnes et nous avons pu mettre grâce à des tests simples cette électrosensibilité de type allergique en évidence. La simple morale ne nous permet pas de mettre ces personnes au ban de la société sous prétexte qu’elles ne répondent pas aux critères standards de la moyenne de la population. La vie de ces personnes est un véritable enfer !

Références bibliographiques

[1] Choy R.V.S., Monro J.A., Smith C.W., “Electrical Sensitivity in Allergy Patients”, Clinical Ecology, Vol. IV, n°3, pp.92-102 (1987).

[2] Smith C.W., “The diagnosis and therapy of electrical sensitivities”, Clinical Ecology, Vol. VI, n° 4, pp. 119-128 (1989)

[3] Smith C.W., “Human sensitivity to low level electromagnetic fields”, Engineering Science and Educ. Journ., 3.12.1991.

[4] Cyril C-W- Smith et S. Best. L'homme électromagnétique. Ed. Marco-Pietteur 2002.

[5] Rea W.J. Pan Y. et al. “Electromagnetic field sensitivity”, Journal of Bioelectricity, 10 (1+2), pp. 241-256 (1991).

[6] Rea W.J. “Diagnosis of Electromagnetic fields sensitivity under controlled conditions”, Ex: 9th. Annual International Symposium on Man and his Environment in health and disease, Dallas Feb.-March 1991; publié ultérieurement dans Clinical Ecology.