15 novembre 2011: Le WiFi partout en Belgique à votre insu

Le Wifi de partout ! Une innovation bien sympathique qui pose question quant aux droits des consommateurs et à la protection de la santé !

Ce 14 novembre 2011, Belgacom confirme, par voie de presse, son intention de faire de ses clients abonnés Internet, à leur insu, des réémetteurs WiFi en utilisant leurs routeurs comme autant de points d’accès.

La société table sur +/- 700 000 points d’accès supplémentaires par ce biais, grâce auxquels il sera possible pour les abonnés Belgacom d’accéder à Internet depuis des lieux, publics ou non, plus ou moins proches de ces B-box.

Cette innovation ne peut qu’apparaître a priori sympathique puisqu’il s’agit d’un service supplémentaire gratuit basé sur un partage efficace de ressources.

Néanmoins, une analyse critique du système mis en place s’impose.

La façon de procéder de Belgacom est en elle-même critiquable puisque la société va d’abord procéder à la mise à jour permettant l’utilisation de la B-box comme point d’accès aux abonnés Belgacom, puis informera ses clients qu’ils peuvent s’opposer au partage de leur B-box et donc refuser d’être un réémetteur.

Cette innovation sera présentée comme un service supplémentaire d’accès au wifi …des autres. Ca ne se refuse pas et Belgacom fera donc de ses abonnés des réémetteurs qui s’ignorent !

De plus, logiquement, ne pas laisser sa B-box allumée 24h/24 sera contraire au contrat entre Belgacom et l’abonné. Plus question dès lors d’éteindre son wi-fi quand on ne l’utilise pas, comme cela est recommandé pour limiter une exposition inutile aux ondes électromagnétiques !

Outre une augmentation du nombre de points d’accès WiFi à enregistrer, nous avons peine à croire l’opérateur quand il affirme que son système de partage n’entraînera pas une augmentation du rayonnement. Les échanges de données entre l’émetteur et les terminaux impliquent en effet vraisemblablement des émissions à la hausse chez les particuliers qui accepteront ces B-box ré-émettrices. [1]

Pourtant Belgacom n’a pas prévu une mise en garde de ses abonnés par rapport aux risques pour leur santé ou leur bien-être. Or, laisser son routeur WiFi allumé en permanence, parfois à proximité de lieux où l’on séjourne plus ou moins longuement n’est pas recommandé.

Par ailleurs, la législation bruxelloise s’applique à l’ensemble des radiofréquences, en ce compris les ondes émises par les antennes relais de télécommunication mobile, les antennes paraboliques de faisceau hertzien et les bornes WiFi (commerciales ou installées pour le compte d’acteurs publics ou institutionnels). Le fait de faire de ses abonnés des émetteurs vers d’autres personnes qui ne sont pas du cercle privé pourrait ressortir d’un usage commercial imposant à Belgacom de comptabiliser les bornes d’accès WiFi B-box comme points d’accès...

L’activation potentielle de 700.000 B-box comme routeurs WiFi s’inscrit dans un mouvement accéléré de multiplication des sources d’émissions d’ondes électromagnétiques et d’accroissement de notre niveau d’exposition permanents à celles-ci.

Or ce développement des technologies sans fils, malgré les risques sanitaires qu’il représente, reste peu ou pas encadré réglementairement et il devient, par exemple, de plus en plus difficile de protéger les personnes hyper-électro-sensibles dans l’espace public. Actuellement l’investissement de Belgacom n’est soumis à aucune autorisation...

Les députés Ecolo, Thérèse Snoy, Dominique Braeckman et Patrick Dupriez interrogeront d’urgence les Ministres concernés afin qu’une évaluation indépendante de l’impact du système WiFi gratuit de Belgacom sur l’augmentation de l’exposition du public aux ondes électromagnétiques soit réalisée et qu’une clarification législative soit effectuée.

Thérèse Snoy, Députée fédérale
Dominique Braeckman, Députée bruxelloise
Patrick Dupriez, Député wallon

[1] « Les bornes et box Wi-Fi émettent un signal balise périodique qui permet l’identification et la connexion d’équipements Wi-Fi (ordinateurs, consoles de jeu, téléphones...) dans une zone donnée. Ce signal balise a une puissance très faible ; de l’ordre de 0,001 W. A ce signal s’ajoutent des ondes radio lorsqu’ils envoient ou reçoivent des données. Par exemple, lorsque qu’un utilisateur accède à une page web depuis un ordinateur connecté en Wi-Fi, tant l’ordinateur que la box émettent des ondes radio pendant l’opération du chargement de la page web, de l’ordre de 100 fois supérieur à la puissance de la balise. »

Source: 15-11-2011 - Communiqué de Thérèse Snoy, Députée fédérale Ecolo.