21 octobre 2011: Une étude danoise rassurante sur les portables

Info ou intox ? Nouvelle étude danoise rassurante sur l'innocuité des portables (GSM) publiée dans le «British Medical Journal» (journal médical britannique)

Il ne s'agit pas pas une nouvelle étude mais une extension d'une étude publiée par cette équipe il y a deux ans. Une étude fort critiquée à l'époque et qui n'avait pas été retenue par l'OMS en mai 2011 lorsqu'elle a choisi de classer les radiations électromagnétiques des téléphones portables comme « possible carcinogène ».

Ensuite, c'est une étude de cohorte et non pas une étude de cas. Peu importe la grande taille de l'échantillon, ce type d'approche est largement reconnu par les scientifiques comme peu approprié pour l'étude de maladies relativement rares comme des tumeurs du cerveau.

Journal RTBF du  21 octobre 2011

Une nouvelle étude danoise dément la nocivité du portable (GSM)

 

Source: http://www.rtbf.be (dans le menu choisir: «une nouvelle étude danoise dément la nocivité du GSM»).

Journal radio de 9h00 sur Vivacité du 21 octobre 2011

Interview par Catherine Tonero de Benoit Louppe au sujet d'une étude danoise publiée en octobre 2011 dans le Journal Médical Britannique (BMJ)  qui ne démontre pas de risque lié à l'utilisation du portable et l'augmentation de cancer du système nerveux.

Référence de l'étude : "Use of mobile phones and risk of brain tumours: update of Danish cohort study"- BMJ 2011; 343:d6387 doi: 10.1136/bmj.d6387 (Published 20 October 2011) - Cite this as: BMJ 2011; 343:d6387
Résumé en anglais de l'étude: http://www.bmj.com/

Critique de l'étude (anglais): http://www.emfacts.com/2011/10
Critique par l'organisation britanique MOBILEWISE.ORG: http://www.mobilewise.org/
Critique de l'étude par l'association britannique POWERWATCH: http://www.powerwatch.org.uk

Traduction en français (*) du résumé de l'étude

Objectif: mener une investigation sur le risque de développement de tumeurs du système nerveux central des abonnées danois au téléphone mobile.

Une étude cohorte réalisée à l'échelle nationale du Danemark.

Des participants, tous danois âgés d'au moins 30 ans et nés au Danemark après 1925, ont été subdivisés en deux groupes: les abonnés et les non-abonnés au téléphones mobiles avant 1995.

Les principaux résultats des mesures du risque de développer ou non des tumeurs du système nerveux central ont été obtenus au travers du registre national danois du cancer. Le taux d'incidence spécifique selon le sexe a été estimé avec les modèles de régression linéaire de Poisson (modèle statistique) et selon l'âge, la période du calendrier, l'éducation et les revenus disponibles.

Les résultats menés sur 358.403 abonnés ont été accumulés sur 3.8 million de personnes au cours des années. Dans la période de 1990 à 2007, il y a eu 10.729 cas de tumeurs du système nerveux central. Le risque de développer ces tumeurs était proche de l'unité aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Ils étaient restreints aux individus qui possèdaient l'usage le plus long du téléphone mobile pour une période de l'ordre de 13 ans d'abonnement. Le taux d'incidence était de 1.03 (interval de confiance à 95% -  0.83 à 1.27) pour les hommes et de 0.91 (0.41à 2.04) pour les femmes. Parmis ceux qui possèdaient des abonnements depuis 10 ans, le taux était de 1.04 (0.85 à 1.26) chez les hommes et de 1.04 (0.56 à 1.95) chez les femmes avec pour le gliome un taux de 0.90 (0.57 à 1.42) chez l'homme et de 0.93 (0.46 à 1.87) chez les femmes pour le méningiome. Il n'y avait aucune indication d'une relation dose-réponse que cela soit au cours des années depuis le premier abonnement au téléphone mobile ou à mettre en relation avec une zone anatomique où pouvait se situer la tumeur. C'est à dire dans les régions sitruées proches du cerveau, là où le combiné était habituellement tenu proche de la tête.

Les conclusions selon les données mises à jour de cette très grande étude cohorte sur l'utilisation du téléphone mobile montrent qu'il n'y avait pas d'augmentation du rissque de développement de tumeurs du système nerveux central permettant de faire une association causale.

Source du document en anglais: http://www.bmj.com/content/343/bmj.d6387

Critique de l'étude danoise par  Vicky Fobel, juriste britannique directeur de l'association MobileWise

Le 20 Octobre 2011 – Londres – Une nouvelle étude publiée aujourd’hui dans le Journal de Médecine Britannique (British Medical Journal (sous embargo depuis 23h30) conclu que les téléphones mobiles n’augmentent pas le risque de développer une tumeur du système nerveux. Cependant, les scientifiques, les militants britanniques et ailleurs dans le monde, l’étude est rejettée considérant qu’elle était avait des manquements graves et qu'elle comportait des propos rassurants et trompeurs vis à vis des aux médias et du public concernant la sécurité des portables.

L’étude – L’usage des téléphones mobiles et le risque de tumeurs cérébrales : mise à jour de l’étude cohorte danoise – Ils ont examiné les données à l’ensemble de la population danoise âgée de 30 ans et plus qui est née au Danemark après 1925 et en subdivisant ces données entre les abonnés et non abonnés au téléphone mobile avant 1995.
Cela fut réalisé afin de comparer le taux de tumeur du cerveau au sein de ces deux groupes. Elle conclu qu’il n’y avait aucune augmentation comparative dans le développement des tumeurs du cerveau chez les utilisateurs du téléphone mobile.

Malgré cette conclusion d’apparence simple et claire, l’étude danoise est en réalité trompeuse et mensongère selon les scientifiques et les militants britanniques et américains qui ont examinés les données.

Premièrement, l’étude prétend qu’il s’agit d’utilisateurs à long terme (ce qui est crucial lorsque l’on regarde l’incidence des tumeurs du cerveau, qui se développent sur une période de latence de +- 30 ans), lorsqu’en effet, la période maximum d’utilisation confirmée s’est déroulée uniquement sur sept ans et le minimum était d’une année.=

Par ailleurs, l’étude exclue les utilisateurs professionnels qui étaient de loin les plus importants utilisateurs au Danemark dans les années 1990. Cela élimine ceux qui avaient le plus haut risque de développer des tumeurs et qui pouvaient fortement gonfler le risque du groupe comparé avec les non utilisateurs.

Ils concluent aussi que les « non-utilisateurs ont commencés à utiliser leur téléphone après que l’étude ne soit commencée. Ensemble, ces méthodes déforment les découvertes en minimisant grandement la différence de risque entre les utilisateurs de téléphones mobiles et les non-utilisateurs.

Telles sont les failles présentes dans l’étude que Denis Henshaw, Professeur émérite en ce qui concerne effets des rayonnements sur l’homme de l’Université de Bristol en déclarant "qu' il considère que les conclusions de l’étude sont sans valeurs". Et il continue en disant : " les chercheurs ont mal classés les 88 % de la population Danoise qui a commencé à utiliser un téléphone mobile après 1995. Cette étude comporte de graves lacunes, trompe le public et les décideurs  sur le fait que la téléphonie mobile peut-être utilisée en toute sécurité ".

De plus, les chercheurs eux-mêmes ont admit que les analyses étaient fausses. Ils indiquent dans leur rapport : " une des limites de l’étude est le manque de classification de la limitation du niveau d'une exposition potentielle. Les détendeurs d’abonnements qui n’utilisent pas leur téléphone mobile seront de manière fausse classés parmi les personnes exposées alors qu’elles devraient l’être dans celles qui ne sont pas exposées. Parce que nous avons exclus les abonnés des entreprises, les utilisateurs de téléphones mobiles qui n’ont pas d’abonnement à leur nom ont été classés à tort dans les groupes non exposés. En outre comme les données sont valables pour les abonnements jusqu’à seulement l’année 1995, les personnes avec un abonnement contracté en 1996 ou plus tard, sont classés comme non utilisateurs. »

L’épidémiologiste Dr Devra Davies américaine de l’Environmental Health Trust in the US dit que cela n’est pas nouveau, mais une extension de l’étude danoise publiée il y a deux ans. Elle fut vivement critiquée à l’époque et n’était pas considérée par l’OMS lorsque celui-ci a revu les risques des téléphones mobiles et les a classés dans les substances potentiellement cancérigènes en mai 2011.

Dernièrement, l’étude est décrite par le journal médical britannique "BMJ" comme la plus large étude de ce genre jusqu’à aujourd’hui lorsqu’en effet c’est largement considéré comme la plus grande étude cohorte (en opposition aux études cas-contrôle) qui en dépit d’être « grande » utilise des méthodes inappropriées pour étudier des maladies rares comme les tumeurs du cerveau.

Ceci parce qu'il n’y a pas généralement assez d’incidence de maladies au sein d’une étude cohorte pour en tirer des conclusions valables. 

Vicky Fobel, directeur de MobileWise, une organisation de bienfaisance sur le téléphone mobile et la santé dit : « “cette étude et le communiqué de presse font la promotion des découvertes qui trompent le public en impliquant les utilisateurs des téléphones mobiles comme si tout était clair.  L’étude montre seulement au travers d’une mauvaise analyse des données qu' une utilisation à court terme de l’usage des téléphones mobiles en sous estimant gravement les risques. Toutes les autres études menées à long terme sur les risques ont trouvé un lien avec l’usage du téléphone mobile et le développement des tumeurs du cerveau.

Cette étude donne de fausses informations rassurantes et détourne l’attention de notre travail d’aide au public spécialement les enfants pour réduire le risque du téléphone mobile. »

L'organisation "MobileWise" est prêt à publier un rapport sur le nombre croissant de preuves qui démontrent le lien entre l’usage du téléphone mobile et les risques pour la santé incluant les tumeurs du cerveau, l’infertilité, les dommages causés à l’ADN, et les implications en matière de politique de santé publique.

Source : http://www.mobilewise.org/

(*) Traduction : Benoît Louppe, 21 octobre 2011